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Mais qu'ai-je donc fait pendant ces longs mois de silence ? Oh, pas grand chose, à part être allé à Athènes, m'être fait expulsé de Turquie, être revenu, avoir passé mes partiels, fait la fête, rencontré des centaines de gens, être allé en Iran, puis être revenu en France. Pour de bon.

Puisqu'il faut commencer les hostilités, voici donc le premier récit depuis le dernier article qui date de... mon dieu, du 5 février ! Me voici donc parti pour Athènes, deux mois et demi après, durant lesquels je suis sagement allé à mes cours du deuxième semestre (entre deux cuites). Comme je l'explique en longueur plus haut, cette virée en Grèce, l'ennemi héréditaire de la Turquie, avait plusieurs motivations : 1) rendre visite à une amie, Marie (pas celle d'Istanbul, une autre), en stage à Athènes, et accessoirement, visiter la ville et voir ce qui s'y passe ; 2) sortir du territoire turc pour régulariser ma situation (du moins c'est ce que je croyais en partant).

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Alors, cette fois-ci, je ne vous ferai pas de cours d'Histoire sur la ville, ni sur ses lieux les plus connus. Mais il n'en reste pas moins que le cliché des impressions que l'on peut y ressentir se vérifie, quand on se dit Socrate, Platon, Aristote, Péricles, Sophocle et j'en passe débattaient ici et foulaient ces ruines de leurs pieds.


 
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Mais ce qui était sans doute le plus intéressant, c'était l'Histoire toute récente, qui touche la Grèce de plein fouet. Je suis en effet arrivé à Athènes sans plan de la ville - ni plan de relance... gnarf -, mais c'est ma pote Marie, avec qui j'ai vécu les plus durs instants en prépa, qui a pu me guider un peu dans la ville. La crise que subit la Grèce n'est pas vraiment visible au premier abord : les Athéniens continuent à consommer et à dépenser leur argent en cafés lattés (dont ils sont extrêmement friands) dans les rues, comme avant. Mais c'est dans les universités et certains quartiers que les conséquences politiques de la crise économique se dévoilent. Les facs d'Athènes sont en effet laissées aux mains des étudiants mécontents qui les ont littéralement recouvertes de banderoles aux slogans anarchistes et anti-capitalistes, laissant les établissements dans un état de délabrement impressionnant.

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Mieux encore, il y a dans le centre d'Athènes le quartier d'Exarchia qui, depuis les premières manifestations face aux menaces de rigueur économique, est passé totalement aux mains des groupes anarchistes. La police greque ne peut même plus y entrer (ça ne change pas trop le quotidien des policiers grecs, qui consiste à se tenir à un croisement de rue et attendre que ça se passe). Le quartier comporte de nombreux bars, et presque chaque soir des fêtes anarchistes avec des concerts gratuits ont lieu sur la place centrale. Un soir, nous sommes allés boire une bière dans un bar se trouvant dans le quartier d'Exarchia . Nous discutions tranquillement, lorsque deux bruits d'explosions surviennent, venus de deux ou trois rues plus loin. Surpris que nous étions, notre ami, qui habitait à côté nous rassure : "Oh t'inquiète pas, c'est les coktails Molotov, c'est comme ça tous les soirs. La dernière fois toutes les poubelles de ma rue ont été cramées". Soit.

Pour le reste, les PHOTOS parlent d'elles-même.