En cette fin de semaine oisive, il est temps de vous faire part de celle qui l'a précédée, pleine de découvertes et de magie. Un petit tour de 6 jours, avec 5 escales : la Cappadoce, Konya, Pamukkale, Efes (Ephèse) et Bergama (Pergame).

 

VACANCES

Vendredi 21 janvier,  à peine le dernier examen achevé à la fac, le temps de passer prendre mon grand sac de baroudeur, et hop, dans le bus direction Göreme en plein cœur de la Cappadoce. Durant cette semaine de mouvement, nous avons utilisé le meilleur moyen de transport de Turquie : le bus. Plusieurs compagnies nationales et beaucoup de régionales assurent un service très actif, les réseaux autoroutier et ferroviaire n'étant pas des plus pratiques. La moindre petite ville a son otogar, qui ressemble plus à nos gares SNCF qu'à nos piteuses gares routières. Le seul souci, c'est qu'il faut être patient, surtout si votre bus s'arrête dans de nombreuses bourgades sur votre route ; parfois même, le bus fait des détours insensés pour aller chercher un unique passager au bord d'une route de campagne complètement perdue. Il vaut donc mieux prendre le bus de nuit et avoir le sommeil facile ; pour le reste, chaque bus se dote d'un équipage presque digne d'un Paris-New-York, des stewards vous offrent quelques collations pendant les longues heures de route, que l'on soit dans un énorme car ou dans un minibus miteux.

Kapadokya : Le Mordor

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Première étape, la Cappadoce, le « pays des beaux chevaux », mais surtout l'endroit le plus mystérieux de l'univers connu (par moi), après la face cachée de la Lune peut-être. Une région entière jalonnée d'aberrations géologiques, pointant vers le ciel ou prenant les formes les plus biscornues et torturées. Un spectacle inouï, dû à l'érosion qui s'attaque aux différentes couches de roches que les volcans locaux ont déposé à chacun de leurs réveils au fil des millénaires. C'est le paradis des cheminées de fées, et une telle magie n'a pas laissé les anciens indifférents ; évidemment, cette terre est un foyer historique de spiritualité. De nombreux ermites et des chrétiens se cachant des Romains puis des Musulmans ont creusé dans la pierre friable d'innombrables cachettes et églises, dont les parois sont parfois encore décorées de somptueuses fresques religieuses.

Pour notre deuxième jour sur place, nous avons pu louer des scooters pour faire un tour entre Göreme, Avanos et Ürgüp, triangle central de la région, et cette virée m'a vraiment semblé être une chevauchée sur la Terre du Milieu (Cf : Le Seigneur des Anneaux). Le piton d'Üçhisar semblait dominer le Mordor, les élevages de chevaux galopants n'ont rien à envier à ceux du Rohan, et la forteresse troglodyte d'Ortahisar surplombait au-dessus de la plaine comme Minas Tirith sur le Gondor. Il ne manquait que Gimli et Legolas. Quoiqu'un chien errant qui nous a suivi toute la première journée avait quelques airs de Golum.

Le troisième jour, après un réveil difficile, la décision est prise de se rendre à Konya, à l'Ouest. Problème, après quelques heures de trajet au milieu de steppes arides, nous arrivâmes un peu tard pour profiter pleinement de tout le patrimoine de la ville. Konya est en effet elle aussi un vieux foyer spirituel depuis les Seldjoukides, berceau du soufisme et des derviches tourneurs, « secte » musulmane suivant les préceptes du Mevlana (le maître), dont nous n'avons, malheureusement, pas pu voir le monastère du XIIIe siècle. L'escale fut donc courte, d'autant que la ville dans son ensemble, très bétonnée, est aussi très pratiquante, donc moins chaleureuse.

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Pamukkale, falaise magique
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Le soir même, nous ressautâmes dans le bus, continuant notre retour progressif vers l'Ouest, pour Pamukkale. Là encore, la magie a opéré, émanant de cette sublime falaise d'un blanc éclatant bâtie grain par grain par les sources chaudes, qui dévalent sous la montagne pour jaillir dans de magnifiques vasques, les parant d'un bleu turquoise. Le tout surplombé d'une cité antique, importante station thermale ayant accueilli philosophes et empereurs. Et dire que certains vont à Disneyland. Pour monter depuis le village, bien que la température fût d'à peine quelques degrés, nous dûmes enlever nos chaussures, protection du site oblige, pour grimper en pataugeant dans les ruisseaux qui descendent depuis la source, dont les eaux sont à 37°C. En haut nous attendaient un superbe panorama, des ruines antiques dorées par le temps, et quelques rayons de soleil entre deux nuages et deux gouttelettes, qui ont fait ressortir les reliefs complexes tout en anfractuosités et en stalactites. Le tout baigné dans les vapeurs d'eau dues au froid. Tout simplement magique.

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Efes : la cité dégloutie
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Si vous aimez la Grèce antique, la Turquie est assurément la destination idéale. En témoigne Ephèse, escale du cinquième jour, qui fut une des cités les plus puissantes de la région. Comme beaucoup de ses voisines, elle fut abandonnée à la suite d'un violent séisme, et aussi parce que la mer s'étant retirée, elle perdit l'influence commerciale de son port, les invasions aidant au déclin. Toujours est-il qu'Ephèse est une des villes les  mieux conservées du monde gréco-romain, avec un théâtre immense et un joyaux, sa bibliothèque, deuxième plus importante du monde antique après celle d'Alexandrie. Le soleil était au rendez-vous, ne gâchant rien au spectacle. Malgré les nombreux touristes qui ne relâchent jamais le rythme des visites, contrairement à nos autres escales où nous étions quasiment seuls, le plaisir des yeux et de l'imagination était au curseur maximal... Je vous laisse apprécier.

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Bergama :Machu Picchu greco-turc

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Ultime étape et non des moindres, Pergame, autre puissante cité antique. Cette fois, l'ambiance était assez différente, la ville n'ayant pas changé d'emplacement au fils des âges. Les sites antiques se partagent en deux, l'Asklépion et l'Acropole, entre lesquels se trouve la ville basse, aujourd'hui occupée par une grosse bourgade très sympathique. Avec la Cappadoce, c'était une des seules étapes du voyage où on a pu être au cœur de la vie des Turcs. Il faisait très beau, et malgré un niveau de vie bien inférieur à celui des habitants du centre d'Istanbul, il nous a semblé qu'il faisait bon vivre à Pergame. Le centre est peuplé de vieux anatoliens assis sur les terrasses occupés à déguster un thé, et les alentours jalonnés de champs et de vergers d'oliviers où travaillent des paysans qui habitent des maisons de bric et de broc, où ils élèvent leur basse-cour (parfois au milieu des détritus).
La ville antique comprenait un centre de cure étonnant, dédié au dieu Asklépios, le dieu médecin, tout en galeries et en colonnades. Puis il faut monter 5 km à pieds (aidé d'un téléphérique) pour arriver en haut de l'Acropole, d'où l'on domine une vue quasiment à 360° sur la ville, sur la plaine, et, derrière, sur un lac créé par un barrage. Et ce, jusqu'au soleil couchant, avec les restes des temples encore posés sur leurs imposantes fondations en énormes blocs de pierre. Il fallait le vouloir pour monter tout ça là-haut.

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Vous l'aurez compris, je suis pris et séduit par la magie de tous ces lieux. Ce deuxième semestre qui va débuter sera l'occasion d'aller découvrir encore plus ; je sais maintenant que la validation des crédits est assez facile à l'université, alors pourquoi se priver ? En vue : la Mer Noire et le Moyen-Orient !
Mais avant, il faudra être à la hauteur pour accueillir mes chers parents à Istanbul !

Grosses bises à tous !