Voilà quelques jours, voire quelques semaines que je n'ai rien publié. La raison est simple, j'ai commencé à avoir ma petite vie à Istanbul ! Pour cet article, je vais donc vous raconter la vie à l'université de Galatasaray.

Galatasaray est une université francophone issue d'une longue tradition datant de la période des réformes ottomanes au XIXème siècle. En effet, même si l'université en elle-même n'a été créée qu'en 1992, elle est le prolongement contemporain du lycée de Galatasaray, ancienne école impériale ottomane devenu lycée francophone en 1867, dans l'optique de former des élites aptes à poursuivre les réformes de modernisation de l'empire, et qui existe encore aujourd'hui. La plupart des grands réformateurs autour d'Atatürk, ainsi que nombre de ministres de pays anciennement ottomans en étaient et en sont toujours issus. Comme on peut donc l'imaginer, l'université de Galatasaray est une des meilleures universités de Turquie, même si elle est récemment prise de vitesse par quelques universités privées qui attirent les meilleurs enseignants par leurs capacités financières.

Voilà pour le côté historique et prestigieux (auquel s'ajoute le glorieux club de football de Galatasaray, lui aussi issu du fameux lycée). Mais pour vous expliquer ma vie à l'université, il faut commencer par vous décrire le cadre exceptionnel dans lequel j'étudie. Les locaux de la fac sont situés dans un ensemble qui constituait un ancien petit palais, au bord même du Bosphore, avec des bâtiments jaune vif, et une cafeteria au bord de l'eau d'où on peut admirer les rives de l'Asie et tous les types de rafiots allant d'un continent à l'autre ou d'une mer à l'autre. L'université est récente, et les locaux sont plus que corrects, avec un cadre magnifique ; c'est pourquoi elle accueille parfois des évènements culturels, comme un concert de jazz dans le cadre d'un festival stambouliote auquel j'ai pu assister dans le grand auditorium.

Vous pouvez voir les photos ici.

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Ca donne vraiment envie d'aller en cours, d'autant que ceux-ci sont réellement passionnants. En tant qu'étudiant Erasmus, j'ai pu avoir un choix assez libre dans les cours que je voulais suivre. J'ai donc pu échapper à tous les cours d'Introduction à la Science Politique, au Doit Administratif, et autres pavés de généralités que je bachote depuis deux voire trois ans déjà, et me concentrer sur la Turquie contemporaine et l'histoire ottomane. Des cours donnés par des professeurs turcs, dans un français parfait ! Du coup la double dimension culturelle de ces professeurs leur donne un intérêt tout autant démultiplié. Mais bien souvent les textes à lire sont en anglais, histoire de ne pas me couper complètement de la langue de Shakespeare. Et puis il y a les cours de turc (4h par semaine) donnés sans un seul mot de français. De quoi faire travailler les méninges. J'ai également choisi de suivre un séminaire donné à l'Institut Français des Etudes Anatoliennes (IFEA) sur la Turquie contemporaine, possibilité donnée aux étudiants français d'Istanbul et qui donne droit à des crédits ECTS pour valider son année. Je vais ainsi rédiger un court mémoire sur un sujet de mon choix en lien avec la Turquie contemporaine ; j'ai déjà une idée dont je vous parlerai certainement prochainement.

Au final, j'ai des semaines assez remplies (sans être très chargées non plus) comparé à beaucoup d'étudiants Erasmus dans le monde, d'autant que les trajets sont parfois longs pour se rendre à l'université (45 minutes) étant donné le trafic surchargé d'Istanbul. Mais ils valent vraiment le coup !

Voilà donc ma petite vie d'étudiant qui se développe. Mais quelques voyages commencent à se profiler pour le mois de novembre, qui vont donner matière à des récits et des photos pour les semaines qui viennent.