Alors ça y est, les cours ont commencé ! Il est donc temps pour moi de vous parler de... la vie nocturne stambouliote.

Les Turcs forment une population très jeune et dynamique (moyenne d'âge : 27 ans), aux contrastes saisissants. Le quartier que j'habite depuis une semaine est le centre névralgique de la vie culturelle et artistique d'Istanbul, et depuis une semaine j'ai pu vérifier que c'était également le pôle de la vie nocturne (ben oui, les premiers contacts Erasmus et le début d'une colocation sont forcément synonymes de tourisme alcoolisé). Entre Taksim et Galata s'étend Istiklal Caddesi, la grande artère piétonne que j'ai déjà évoqué ; il faut s'imaginer que tous les immeubles de cette grande avenue, ainsi que de nombreux pattés de maisons adjacents, sont totalement abandonnés de bas en haut par les habitants, laissant tout l'espace libre aux magasins pour s'étendre en hauteur, de même que pour les centaines (je ne crois pas gonfler les chiffres) de bars, boîtes et restaurants qui occupent le quartier sur les 3 dimensions - terrasses sur les toits en bonus. Tout un quartier entièrement dédié à la fête le soir venu, sans aucun problème de voisinage donc. En conséquence, la fourmilière humaine qui grouille déjà dans la journée pour les magasins d'Istiklal Caddesi ne désemplit pas la nuit, au contraire.
Tous les types de bars et de boîtes s'y trouvent, mais mieux vaut avoir ses contacts pour réussir à dénicher les meilleures adresses. A ce titre ma colocataire Ceyda qui vit à Galata depuis plus d'un an est précieuse pour trouver les terrasses select quand les petites rues autour du Balık Pazarı (marché aux poissons) sont pleines à craquer.

Istanbul est donc de ces villes qui ne dorment jamais, en particulier dans cette partie de Beyoğlu qui offre à chaque sortie une ambiance hors du commun. Entre des marchands de poissons qui se marrent en rangeant leur marchandise, des snacks qui vous tentent en permanence, des restaurateurs qui vous interpellent dès que vous semblez chercher une table, et des bars qui n'ont aucun souci pour passer la musique à fond jusque dans la rue (car personne à déranger), c'est une fois de plus la sensation d'être happé par cette ville folle qui prime lors de mes escapades nocturnes.

Le revers de la médaille, c'est que tout autour d'Istiklal (déjà délaissée pour ses prix immobiliers, enfin je suppose) les habitants voient s'installer - depuis longtemps déjà mais de plus en plus - des populations branchées au pouvoir d'achat élevé, dans des quartiers anciens, populaires et assez conservateurs. Ce qui n'est pas sans créer des tensions entre les autochtones et ces nouveaux arrivants bruyants qui viennent faire pression sur les prix et qui ne respectent pas les lois de l'islam. Exemple assez récent, une descente dans une galerie d'art qui a eu lieu à deux pas de chez moi dans le quartier de Tophane, rapporté ici.